bande dessinée

Critique : Professeur Infini

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Première bande dessinée publiée de Marc Lataste, Professeur Infini débarque dans la collection Bayou de chez Gallimard, aux côtés de Varulf ou Aya de Yopougon (adapté récemment en long métrage d'animation). Alors que donne ce premier volume des aventures du petit homme bleu qui renie tout lien avec les Schtroumpfs comme les Na'vi ?

Scientifique travaillant sur le voyage entre les dimensions, le Professeur Infini subit un accident qui voit son corps être échangé avec celui d'un autre, ce qui explique sa couleur inhabituelle et sa petit taille. A la recherche de ce dernier, Infini a réuni au fil du temps une fine équipe composé d'une sorcière, un robot, un koala majordome, un viking alien banni de son royaume et un monstre géant. 

Basé sur terre, notre professeur a acquis une solide réputation scientifique et travaille en collaboration avec les militaires pour assurer la sécurité de notre planète bleue quant aux incursions d'autres dimensions, phénomène qui va en s'accentuant, jusqu'à l'arrivée d'une étrangère dont les traits laisseraient penser qu'elle viendrait de la même dimension que son corps hôte. La chasse reprend ! 


Tout au long de la lecture de ce premier volume de Professeur Infini, l'on croise un bestiaire très élaboré de personnages et de bestioles diverses, toutes plus fun les unes que les autres et l'on devine, vu leur interactions, une histoire de fond développée pour chacun d'entre eux, mis qui est ici laissée en vague toile de fond au profit d'une histoire de portails qui menace une fois de plus notre planète bleu, un enjeu un brin rebattu. 

Et c'est là qu'un problème fait surface : la galerie qui nous est offerte mord sur la narration qui nous est proposée, et l'on en vient à désirer que la Terre ne soit pas l'enjeux principal de ce premier tome, tant la narration semble écrasée par le nombre de personnage qui pourraient tenir la tête d'affiche.

On peut également regretter l'absence de problématique quant à la position du héros-titre sur son humanité, qui n'est pas questionnée plus avant comme ça peut être le cas chez Doctor Who... en tant que petit homme bleu, qu'est-ce qui motive encore notre professeur à protéger la Terre ? Qu'est-ce qui motive son ami militaire à lui faire tant confiance ? Autant de question dont les réponses auraient permise d'établir un lien plus fort avec ce petit prof.


C'est d'autant plus prégnant que le dessinateur sait gérer son rythme et sa mise en scène, très carrée et sans temps mort, contrebalancée par une mise en couleur très flashy qui n'a pas peur de l'être, ce qui est une bouffée d'air frais dans une bande dessinée française coincée entre classicisme et tentation du "manfra".

En conclusion, on se prend à rêver de voir cette fine équipe être projetée et perdue dans des limbes narratives ou chaque tome explorerait une planète/dimension différente avant de retourner sauver une humanité bien insignifiante vu ce que nous laisse miroiter Marc Lataste dans cette première aventure dont l'insouciance rappelle les premiers Dragon Ball, et c'est très encourageant pour la suite, quelle que soit la prochaine destination de cette fine équipe !


■ Professeur Infini   ■ Paru le 5 juin 2015   ■ Ecrit et dessiné par Marc Lataste   ■ Paru aux Editions Gallimard, collection Bayou  ■ 96 pages

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