Chronicles of Riddick

Critique : Riddick

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Après huit ans d'absence des écrans uniquement comblées par la sortie du passable jeu vidéo Assault on Dark Athena, Riddick fait son retour au cinéma par la seule volonté de Vin Diesel et de David Twohy, via une distribution assurée par Universal sur un nombre très peu élevés de territoires, la firme préférant revendre les droits d'exploitations afin de minimiser le plus possible les coûts et son implication dans cette suite inespérée. 

C'est donc Metropolitan FilmExport qui hérite du bébé en France, ce qui nous assure d'avoir au moins une fort belle édition vidéo, à défaut d'une version française décente. Fidèle à la malédiction du doublage de son rôle titre, Riddick est à nouveau massacré par une voix française dégueulasse qui ne trouve de rivale que dans celle qui fut la sienne dans le médiocre Babylon AD. C'est dire le désastre...


Mais revenons à nos moutons : Riddick (Vin Diesel, toujours) reprends quelques temps après le précédent film et nous fait découvrir notre anti-héros suffisamment naïf pour tomber dans le piège de Vaako (Karl Urban, dans un caméo sympathique) qui arrive à le faire atterrir sur une planète qui pourrait être Furia. Laissé pour mort, Riddick s'en remets à ses principes de bases, ce qui n'est pas plus mal. 

La première moitié du métrage se suit du coup sans déplaisir, avec une première demi-heure quasi muette, proche du survival, où Riddick apprends à maîtriser l'environnement hostile de la planète qui l'accueille. On retrouve au menu du creature design une batterie de monstres made by Patrick Tatopoulos, ainsi qu'une méthode de production axée sur un grand nombre de fonds verts, inspirée de 300, ce qui a certainement permis au film de rester dans son budget tout en ayant une tenue visuelle très convaincante. 

Riddick décide donc de quitter sa terre d'adoption au terme de la première heure, faisant basculer le film vers un autre genre, plus proche de Pitch Black et du début des Chroniques, jouant à la fois la cible et le croquemitaine avec les deux équipes de chasseurs de primes venu pour lui passer les menottes...ou lui coller le crâne dans une boite, c'est au choix des deux chefs de clans, aussi éloignés que l'étaient la brute et le truand.  

Bien que la troupe d'acteur est au diapason, ce fut surprenant de constater que l'ex-catcheur Dave Bautista ait été le plus capable de jouer en finesse un rôle d'opportuniste assez amusant.

Quittant les monstres pour cette galerie de trognes dignes d'un western spaghetti, Riddick disparaît quasiment du deuxième acte du film à leur bénéfice, ce qui donne lieu à de très belles scènes (Twohy nous rappelle avec roublardise comment gagner quasiment dix minutes de métrage avec une simple histoire de verrou, splendide) qui montre que malgré le manque d'empathie ressenti pour les personnages, on reste devant un spectacle suffisamment bien troussé pour ne pas s'en désintéresser.

Ce qui est dommage car le film, dans son dernier acte, part dans le copié/collé violent et assumé de Pitch Black pour un climax assez peu prenant qui certes élargit l'univers connu via ses personnages, mais nous rappelle surtout que cette histoire n'est qu'un chemin de traverse, un plan B sur la route d'un Riddick dont le principal enjeux reste d'aller vers l'antéverse pour régler ses comptes avec Vaako et accomplir sa destinée très "Conan le Barbare"

Point de ça ici, mais une série B qui mérite l'attention par sa rareté et l'attente d'une sortie vidéo director's cut qui corrigera peut-être certains défauts du montage cinéma pour un film qui possède, de manière surprenante, les mêmes défauts que son dernier jeu vidéo, à savoir une maladresse dans ses choix à étendre un univers de SF qui sait être exotique, mais qui est est constamment renvoyé dans des sentiers battus afin de ne pas perdre un éventuel nouveau public. 


On en a désormais l'habitude avec Riddick, mais l'on espère que le prochain film/jeu vidéo/etc. nous permettra de poursuivre cette aventure improbable.   

Riddick est sorti le 18 septembre dans les salles et a eu une carrière éclair de deux semaines en province. Sa sortie vidéo est quant à elle prévue pour le 18 janvier 2014.





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